L'ALAT en Algérie
1956 - 1962

Au début du conflit algérien, l'aviation d'observation de l'armée de terre ne dispose sur place que du GAOA n° 3 de Sétif. Celui-ci crée un détachement à Batna
pour les opérations de maintien de l'ordre dans les Aurès, berceau de la rebellion. Ne pouvant faire face seul, il reçoit un renfort des GAOA n°6 et 9 en provenance de métropole.
Devant l'augmentation des opérations à effectuer, de nouveaux pelotons d'avions sont créés au sein des divisions, à partir d'avril-mai 1956.
Formés avec de éléments des GAOA de France et d'Allemagne, leur mission consiste à l'aide des troupes au sol, à l'observation et au guidage de la chasse.
Equipés à leur début avec des Piper L-18 ayant un moteur de 90 cv ils perçoivent ensuite des L-21 d'une puissance supérieure (150cv) puis des L-19 encore plus
puissants ( 213cv ), mieux adaptés aux vols dans les régions montagneuses. Deux L-18 subsistent alors dans les pelotons destinés aux vols de liaison et d'entrainement.
Au besoin d'observation s'est rapidement ajouté celui de la mobilité. Les hélicoptères cargo vont assurer le soutien et la mobilité de l'infanterie, lui donnant ainsi la possibilité
d'évoluer dans la troisième dimension ; les appareils légers assurant les évacuations sanitaires.
Le GH n° 2 de Sétif prend en charge ces missions avec ses Westland et ses Sikorsky pour le transport lourd et quelques Bell pour les évacuations sanitaires.
Devant l'insuffisance des moyens matériels, le Chef de bataillon Crespin cherche une solution et porte son choix sur le Vertol H-21C.
Cet appareil n'est pas vraiment adapté aux tâches qui lui sont confiées.Conçu par les américains pour servir sur les Porte-avions, donc au niveau de la mer,
ses performances maximales ne peuvent que difficilement s'adapter aux 1 000 mètres d'altitude de la base de Sétif-Aïn-Arnat. Mais il n'y a pas d'autres hélicoptères
cargo disponibles rapidement sur le marché, et le choix de Crespin est aussi conditionné par la rapidité de décision. Il veut absolument devancer l'armée de l'air qui souhaite
s'assurer la maîtrise des moyens en la matière.
En 1957, deux hélicoptères légers de conception française vont faire leur apparition: le Djinn et l'Alouette II.
Les Djinn arrivent en Oranie en juin 1957. Un détachement de dix appareils est mis en place à Sidi-bel-Abbès. Puis ils sont répartis dans les cinq divisions de la zone.
Cette expérience prouve rapidement qu'un détachement de 2 appareils n'est pas viable. Un minimum de 6 est nécessaire pour le bon fonctionnement d'un peloton.
Quant aux Alouette II, elles vont remplacer les Bell 47G-2 du GH n° 2, ces derniers étant redistribués dans les pelotons divisionnaires. En effet, les difficultés de gestion
du trop grand nombre de détachements au GH 2 amènent, à partir de 1959, la création de pelotons mixtes avions-hélicoptères ( PMAH) au sein des divisions.
Les artilleurs ne sont plus seuls à servir dans les unités, ils sont rejoints par des pilotes formés en métropole, provenant de l'infanterie et de l'arme blindée-cavalerie.
Des appelés, pilotes civils ayant le 2° degré privé, viennent aussi les renforcer. Recevant en fin de stage un certificat de pilote d'avion provisoire, ils sont chargés des
liaisons avec les L-18. Certains deviennent opérationnels sur L-21 ou L-19 à la fin de leur service.
Mais la grande innovation est l'apparition d'officiers observateurs détachés de leur corps pour servir dans le peloton de leur division.
Instruits à Chéragas puis à Sidi-bel-Abbès, ils apportent leur connaissance inestimable du terrain et des troupes appuyées.
L'ALAT va ainsi enfin sortir du systême d'appui aérien hérité des aviateurs.
Jusqu'à présent, le parc d'avions est essentiellement constitué avec du matériel américain. Les besoins croissants provoquent la décision d'utiliser des appareils
de conception française. Le NC 856, commandé à cent douze exemplaires, se révèle peu convaincant pour les missions de reconnaissance.
Baptisé le "fouille-merde", il est exclusivement utilisé pour les liaisons et l'entrainement.
Deux autres avions,cent pour cent français, se montrent fort heureusement plus adaptés et efficaces: les MH 1521 Broussard sont perçus à partir de 1958 et
les Nord 3400 sont pris en compte dans les unités à la fin de l'année suivante.
En mars 1961, l'ALAT devient un énorme dispositif qui aligne plus de 1 200 appareils, et ce jusqu'en juillet 1964. Le maximum est atteint le 1er décembre 1961
avec 1252 aéronefs en service :

.
avions
hélicoptères
total
Métropole
395
177
572
Algérie
404
276
680
TOTAL
799
453
1252


A la fin du conflit, les pelotons sont progressivement rapatriés sur la métropole.
Riches de leurs expériences acquises sur le terrain, ils servent à constituer de nouvelles unités adaptées au théatre d'intervention européen.



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